Manuel de lecture p. 10

But de la séance

Aujourd’hui, nous allons apprendre à construire une image mentale lors de la lecture d’un texte.

Pour le CE1

Cette séance peut être mise en place à l’identique avec des CE1 en travaillant la fluence à partir du texte photocopié et en répondant par écrit aux questions posées dans le manuel de lecture.

Étape 1 – Mise en place de stratégies de compréhension 20 min.

1. Rappeler les acquis des séances précédentes (5 min)

Montrer l’affiche « Je me place en posture d’écoute » et faire reformuler cette stratégie par les élèves.

2. Pratiquer des activités autour de l’évocation mentale (10 min)

Du côté de la recherche

La capacité à se former une image mentale aurait une forte influence sur la compréhension en lecture. Il est donc important de repérer les élèves ayant des difficultés dans cet exercice pour les accompagner en leur proposant plus de supports visuels. Avoir travaillé au préalable le lexique facilite la création de l’image mentale.

S’exercer avec une image proche. Présenter une peluche ou un objet facile à décrire aux élèves. Leur demander de l’observer et de le décrire. Mettre ensuite l’objet ou la peluche dans une boite :

Maintenant, fermez les yeux et essayez de voir la peluche dans votre tête. Avez-vous réussi ?

Différenciation

En APC, distribuer un morceau de pain aux élèves qui ne parviennent pas à se faire d’image mentale. Le décrire, le sentir, le toucher, le gouter et écouter son bruit quand on le croque. Sur une affiche, noter leurs remarques en représentant les cinq sens utilisés.

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Puis cacher le pain et demander aux élèves de fermer les yeux et d’essayer de le voir dans leur tête. Les guider pour se remémorer les caractéristiques du pain définies précédemment.

« Les activités d’éveil à l’évocation », Compréhension de lecture, Lucille Paquette Chayer, Chenelière, 2000.

S’exercer avec une image familière. Inviter les élèves à imaginer dans leur tête : leur papa qui boit un café dans la cuisine. On pourra choisir un autre exemple en fonction des situations particulières des élèves de la classe.

S’exercer avec une image littéraire connue.

Vous allez maintenant visualiser l’extrait de l’histoire des trois petits cochons que je vais vous lire.

L’enseignant raconte le début de l’histoire puis lit le texte suivant en entier. Au fur et à mesure, il interroge les élèves sur ce qu’ils ont imaginé.

1. Le loup frappe à la porte du 3e petit cochon.

2. Mais celui-ci refuse d’ouvrir.

3. Alors le loup souffle et souffle tant qu’il peut.

4. Mais la maison de brique résiste.

5. Le loup, fou de colère, décide de passer par la cheminée.

À quoi ressemble le loup ? Et le cochon ? Comment sont-ils habillés ?…

3. Expliciter la stratégie (5 min)

Reprendre chaque étape de l’histoire en demandant si les élèves parviennent à « voir dans leur tête » et comment ils s’y prennent.

Expliciter la stratégie du cinéma intérieur : Au cinéma, on voit les personnages alors qu’en lecture, on les imagine à partir des informations du texte. C’est ce qu’on appellera notre « dessin animé intérieur ». Ce dessin animé, comme un film, évolue en fonction des informations que l’on lit.

Pédagogie

Cette séance est l’occasion de montrer l’intérêt de la lecture par rapport au cinéma. Au cinéma, tout est donné, alors que lorsqu’on lit un livre, chacun imagine ce qu’il décide à partir des mots du texte : chacun se fait son cinéma intérieur.

Étape 2 – Découverte du texte 15 min.

1. Développer les stratégies de pré-lecture (5 min)

Afficher le texte du manuel page 10.

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Repérer la structure du texte. Avant de démarrer la lecture, afficher le texte sans l’illustration et demander : À quel texte ressemble celui-ci ? La rentrée de Léa.

Montrer aux élèves les points communs : titre et paragraphes (les compter). Rappeler que ces textes qui racontent des histoires sont des récits.

Intention de l’auteur. Rappeler aux élèves pourquoi on écrit des récits : pour rêver, faire plaisir, rire… Parfois, ils racontent la vie d’une personne : on les appelle des récits de vie. Ils racontent la réalité.

Hypothèses à l’aide de l’illustration.

Observez le dessin. Qui peut me dire ce qu’il représente ? Une vieille dame montre une photo à un petit garçon.

Marie est la grand-mamie de Gaspard, un enfant qui est en CP, comme vous. La grand-­mamie, c’est l’arrière-grand-mère. Dans ce texte, Marie raconte comment était l’école à son époque. À votre avis, que peut-elle dire ?

Laisser les élèves émettre des hypothèses.

2. Lire le texte (10 min)

Après l’écoute, demander aux élèves ce qu’ils ont retenu de ce texte. Revenir sur les passages suivants :

une école de filles ;

institutrice sévère et élégante ;

blouses / pas de pantalon ;

plume / encrier / pupitre / ardoise / craie ;

douches : il n’y avait pas de douches dans les maisons ou les appartements, les enfants se douchaient parfois à l’école ;

poncer les tables au papier de verre pour enlever les taches d’encre ;

les différentes récompenses : les livres neufs sont des récompenses car ils sont rares.

Les faire expliquer en référence à la séance sur le lexique et à celle sur l’école autrefois.

Étape 3 – Pratique autonome : se faire une image mentale 15 min.

Du côté de la recherche

L’enseignement explicite de la compréhension en lecture s’organise en cinq étapes :

1. La mise en situation.

2. Le modelage.

3. La pratique guidée.

4. La pratique autonome.

5. L’objectivation.

La phase de la pratique autonome est une mise en application de la stratégie par l’élève de manière répétée pour aboutir à son automatisation.

Comment enseigner la compréhension en lecture ?, M. Bianco, Hatier, 2017, p. 108-109.

1. Dessiner son image mentale (5 min)

Du côté de la recherche

« La compréhension approfondie d’un texte consiste à créer une représentation mentale (un modèle de situation) de sa signification. Visualiser mentalement ou représenter visuellement, à travers le dessin par exemple, le contenu du texte peut augmenter la précision de cette représentation. »

Comment enseigner la compréhension en lecture ?, M. Bianco, Hatier, 2017, p. 115.

Au fur et à mesure de la lecture, cette image mentale va se modifier en fonction des indices prélevés dans le texte. C’est ce que nous appellerons le cinéma intérieur, aussi nommé « dessin animé intérieur » par Sylvie Cèbe et Roland Goigoux dans Narramus (Retz).

Distribuer une feuille vierge à chaque élève. Leur demander de se placer en posture d’écoute et de se faire leur « image mentale » pendant votre lecture. Relire doucement le deuxième paragraphe, puis les inviter à dessiner immédiatement leur image mentale sur la feuille.

Pensez à vous aider des photos sur l’école d’autrefois et du texte documentaire sur le matériel de l’école. Ces photos peuvent être affichées au tableau.

2. Mettre en commun (10 min)

Sélectionner quelques dessins pour leurs similitudes ou leurs différences et les afficher.

Discuter des différentes représentations. Les similitudes tendront à représenter des éléments prélevés dans le texte. Les différences auront tendance à représenter l’interprétation de chacun.

Montrer que les représentations mentales sont différentes mais qu’elles doivent toujours s’appuyer sur les indices prélevés dans le texte.

Étape 4 – Objectivation : synthèse de la séance 5 min.

Pour représenter l’action de se faire son image mentale, nous utiliserons cette affiche :

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Formalisation : Pour comprendre un texte, il faut construire des images dans sa tête. Entrainez-vous à la maison lorsque vos parents vous lisent des histoires. Plus vous vous entrainerez, plus vous y arriverez facilement.

Sur l’affiche vierge format raisin, écrire au centre (pour que cela fasse une sorte de carte mentale) en grand titre : « Je comprends un texte ».

Au fur et à mesure que nous apprendrons de nouvelles stratégies pour comprendre un texte, nous complèterons cette grande affiche.

Placer l’affiche « Je me construis une image mentale » sur cette grande affiche.

Pédagogie

• L’affiche « Je comprends un texte » sera construite collectivement au fil des séances à l’aide des affiches représentant les différentes stratégies de compréhension de lecture. Tout au long de l’année, il est indispensable que l’élève s’y réfère, quelle que soit la discipline, de façon à ce que ces stratégies de compréhension de textes soient ancrées sur le long terme. En effet, il faut les réactiver régulièrement afin qu’elles s’automatisent.

Comment enseigner la compréhension en lecture ?, M. Bianco, p. 110.

• L’affiche « Je me place en posture d’écoute » ne sera exploitée que pour les textes lus par l’adulte. Nous avons fait le choix de ne pas l’insérer à l’affiche générale « Je comprends un texte » puisque cette stratégie ne sera pas utilisée lors de la lecture autonome de texte.

Bilan de la séance

Qu’avez-vous fait ?

Nous avons imaginé l’histoire racontée par la grand-mamie de Gaspard dans notre tête ; ça s’appelle « construire notre image mentale ».

Qu’avez-vous appris ?

Nous avons appris à comprendre un texte en faisant notre image mentale. On utilise cette technique quand on écoute une histoire ou quand on la lit pour mieux la comprendre.

Cahier d’exercices : p. 9 10 min.

  • Jeu de dominos : Associer des objets de différentes époques ; par exemple l’ardoise à feutres et l’ardoise à craies. En cas d’erreur, les dominos sont repositionnables. Au besoin, l’enseignant peut photocopier les dominos pour que les élèves en difficulté ­s’entrainent avant de faire l’exercice dans le cahier.